Feuilleton 2019 2020 : Chapitre 2

 

Eh ben voilà. Avec Raf, on a réfléchi, on s’est dit qu’il fallait pas se jeter à l’eau. C’est un bon tuyau, mais faut quand même pas faire n’importe quoi sous prétexte que ça peut pas durer longtemps comme ça. Marié au premier coup d’œil, j’en avais jamais entendu parler. Alors, avec Raf, on va y aller mollo. Une histoire à ne pas rater, mais c’est pas une raison pour se précipiter comme des dingues. Raf, c’est bien simple, il peut pas s’en empêcher, il y va toujours un peu vite au risque de se jeter dans la gueule du loup. C’est comme ça qu’il m’a inscrit sans me demander mon avis, j’aime pas trop ça, mais ça partait d’un bon sentiment. Raf, je le connais, c’est un pote, il en a marre de me voir glander sur le macadam. De toute façon, on peut toujours se rétracter au dernier moment, dire qu’on peut pas venir, qu’on a attrapé la crève. Vu la température au dehors et l’isolation de ma tente-logis, ce ne serait pas étonnant. C’est pas une solution.

Alors avec Raf, on va prendre le taureau par les cornes pour ne pas se retrouver le bec dans l’eau, le temps de me « coacher », c’est comme ça qu’on dit maintenant. Il paraît qu’avant, il faut avoir un entretien avec un psy, un entretien d’embauche, quoi, et l’entretien d’embauche, c’est pas trop mon truc. Devant un bonhomme derrière son bureau, un psy en plus, je perds tous mes moyens. Je dis toujours ce qu’il ne faut pas dire, c’est plus fort que moi. Je me mords la langue après, mais c’est trop tard. Et les psys, ils sont malins, ils savent te coincer, ils te mènent en bateau, t’y vois que dalle. Ils cherchent surtout à obtenir ce qu’ils souhaitent. Si par exemple ta bobine ne leur plait pas, ils te mettent d’office sur la touche. T’auras beau dire, c’est comme pisser dans un violon. J’ai déjà eu affaire avec ces cocos-là, je sais de quoi je parle… C’est pas tout, il va falloir se saper, un complet veston et tout le tralala, où est-ce que je vais dégoter ça ? C’est pas sûr qu’une asso ait la panoplie…. Et puis, tu me vois avec un costard et une cravate, j’aurai l’air de quoi !

Si ça se trouve, vu que c’est nouveau, ils manquent de candidats. Ils sont prêts à choper le premier venu pour jouer la sécurité rapport au casting. Il faut qu’ils aient toujours un zozo sous la main pour satisfaire les besoins de la production. Ils te prennent même si t’as cafouillé un max pendant la parlote. Tu peux faire le pied de grue pendant des mois pour des prunes. Si tu tires les marrons du feu et qu’après ils s’aperçoivent que ça ne va pas, ils te virent du jour au lendemain, tu sais pas pourquoi, mais ils te laissent tomber comme une merde. C’est pas tellement la télé qui les intéressent, mais tout ce qu’ils peuvent en tirer. Le pognon, et j’en passe. Ils sont voraces, ces gens-là, ils en veulent, ils ont plus d’un tour dans leur sac pour parvenir à leur fins. Ils sont même capables de se retrouver aux premières loges. Après pour vider la place, des clous, c’est pas demain la veille. Ils s’accrochent. Ma nièce travaille à la télé, elle en connait un rayon, elle m’en a raconté un paquet, des vertes et des pas mûres sur leurs magouilles.

J’ai pas envie d’essuyer les plâtres parce que ce n’est quand même pas une petite affaire. Réfléchis bien… Faut quand même savoir où on met les pieds… Convoler avec quelqu’un qu’on connait pas, t’as déjà vu ça quelque part, ça fait drôle, non ? On en a vu d’autres, mais tout de même. Et puis au premier coup d’œil… T’en as vu beaucoup des premiers coups d’œil qui te font tomber raide in love au point de se marier dans la foulée ? Tu m’étonnes… Je te dis pas la tronche de ma mère si elle me voit à la télé dans ce business à la manque, elle s’en remettrait pas. J’aurais droit au blabla à perpète et qu’est-ce que tu vas faire dans cette galère, t’as pas deux sous de jugeote, de quoi auras-tu l’air, t’as pas autre chose à faire, tu te prends pour qui, t’es zinzin, ma parole, tu ne la connais pas, c’est une sévère. Je suis sûre qu’elle me préfère sur le trottoir plutôt qu’à la télé avec un rôle à coucher dehors, si j’ose dire. Je pourrais lui cacher le show, tu me diras. Pas possible, elle est branchée sur la télé toute la journée.

Raf, il va me dire que je fais le difficile, il se trompe, la mariée n’est pas trop belle. Je suis toujours sur les rangs, c’est sûr, car j’ai bougrement envie de m’en sortir, vise un peu où j’en suis, c’est vraiment pas la joie. Alors quand une occasion comme celle-là se présente, on saute dessus. Mais, avec Raf, on va quand même revoir la question, ça mérite d’y regarder de plus près. Après tout, y a peut-être un autre moyen de se débrouiller que d’aller faire le mariole à la télé.

décide de ne pas y aller

– prépare de très près l’entretien pour s’assurer de son bon déroulement

– change de téléréalité parce que celle-là est vraiment trop compliquée

 

 

 

 

 

 

 

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