lu en décembre 2019: Turquie / Pierre LOTI, Les Désenchantées (1906)

Pierre LOTI, Les Désenchantées (1906)

Ce roman, publié en 1906, nous permet de découvrir la vie de trois jeunes femmes de la haute société, dans leur harem, (une partie de la maison réservée aux femmes d’où elles ne peuvent être vues de l’extérieur en attendant d’être mariées.

Il s’agit du dixième de ses romans et le troisième de sa trilogie turque.

Bien que Loti ait revendiqué ce texte comme étant purement fictif, il est inspiré de faits réels. Celle qui a imaginé cette mystification est Hortense Marie Héliard, dite Marie Léra, journaliste et féministe française dont nous republions ici le récit de cette supercherie. Récit, signé sous un de ses pseudonymes : Marc Hélys, paru dans Le Figaro dix ans après la mort de Loti. Continuer la lecture de « lu en décembre 2019: Turquie / Pierre LOTI, Les Désenchantées (1906) »

Lu en décembre 2019: Turquie/Pinar SELEK, La Maison du Bosphore (2013)

Pinar SELEK, La Maison du Bosphore (2013)

Pinar Selek est née en 1971 à Istanbul et est à la fois écrivaine et sociologue. Elle travaille beaucoup sur les thèmes de la marginalisation et de l’exclusion en Turquie. Elle a quitté son pays d’origine pour vivre en Allemagne puis en France, où elle vit toujours aujourd’hui.

Dans La Maison du Bosphore, elle dépeint la vie d’un ancien quartier populaire Turc, Yedikule, à la suite du coup d’état de septembre 1980. Nous suivons les chemins de vie de 4 jeunes épris de liberté. En effet l’atmosphère sociale est pesante, en ce qui concerne la condition des femmes et des minorités, les conventions sociales, l’oppression politique. Sema voudrait entrer à l’université. Salih, l’apprenti menuisier, cherche à perpétuer son art là où il a grandi tandis qu’Hasan le musicien aimerait faire vivre le sien sur les routes du monde. Seule Elif, fille d’un pharmacien, opte pour la voie périlleuse de la révolution. Quatre parcours, mais un même espoir. En ces années-là, la Turquie était un pays plus tolérant, plus cosmopolite qu’aujourd’hui, où les religions cohabitaient ensemble malgré les nombreux non-dits. Continuer la lecture de « Lu en décembre 2019: Turquie/Pinar SELEK, La Maison du Bosphore (2013) »

lu en décembre 2019: Turquie / Ohran PAMUK, La Femme aux cheveux roux (2016)

Ohran PAMUK, La Femme aux cheveux roux (2016)

Ohran Pamuk est né en 1952 à Istanbul. Issu d’une famille aisée et cultivée, il envisage d’abord des études de peinture et de journalisme, avant de ne se consacrer qu’à la littérature. Il a obtenu le prix Nobel de Littérature en 2006.

L’intrigue d’Une femme aux cheveux roux se déroule dans la banlieue d’Istanbul en 1980. Durant la première partie, nous découvrons les deux personnages principaux, à savoir le jeune Cem de 16 ans et le maître puisatier qui l’emploie durant un été, pour financer les études de Cem. La partie deux se concentre sur la relation entre les deux personnages ; le maître puisatier en demande beaucoup à Cem, le travail est physique et harassant. Cette étape forge le jeune homme, le construit dans sa vie d’homme et le maître puisatier apparaît comme son père de substitution. Cem fait également la rencontre, durant cet été, d’une jeune femme aux cheveux roux qui sera son premier amour. La troisième partie est écrite du point de vue de ce personnage féminin, nous découvrons sa manière à elle de voir les choses. Cette femme est le fil conducteur du récit, et deux mythes phares ont leur importance également : le mythe grec d’Œdipe où le fils tue son père, ainsi que le mythe perse de Rostam et Sohrab où inversement le père tue son fils.

En parallèle de l’intrigue, nous assistons au fil des années à l’agrandissement de la ville d’Istanbul et à la destruction de sa nature par la modernité. Ce livre a donné envie à nos participants de comprendre l’histoire de la Turquie et d’approfondir leurs connaissances de la culture orientale.

lu en décembre 2019 : Turquie /Sait Faik Abasïyanïk, Un Point sur la carte (1988)

Sait Faik Abasïyanïk, Un Point sur la carte (1988)

Cet auteur a vécu en Suisse pour y étudier l’économie en 1930, puis en France avant de revenir en Turquie en 1935.

Sa carrière littéraire commence en 1935 avec des poèmes mais il doit sa célébrité à ses nouvelles qui peignent la vie difficile des petites gens d’Istanbul à qui cet écrivain révolté par l’injustice, donne un vrai rôle. Les petits détails de leur vie quotidienne deviennent poésie.

La mer est un thème récurrent dans ses écrits ; il passe la plupart de son temps en mer de Marmara. Continuer la lecture de « lu en décembre 2019 : Turquie /Sait Faik Abasïyanïk, Un Point sur la carte (1988) »

Lu en décembre 2019 : Turquie / Nazim Hikmet , c’est un dur métier que l’exil

Nazim HIKMET, C’est un dur métier que l’exil (1957)

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le poète Nazim Hikmet a eu une vie mouvementée. Il est né en 1902 à Salonique d’une famille très cultivée et francophile. Il fait ses études à Istanbul et dès la fin de la guerre s’engage auprès de Mustapha Kemal. Il écrit de la poésie dès son adolescence et est rapidement reconnu comme un grand poète. Très engagé il passe de longues années en prison ou en exil. Il est déchu de sa nationalité qu’il retrouvera à titre posthume en 2009.

Sa poésie s’oppose à la poésie classique turque, la poésie du Diwan que pratiquait son beau-père honni. Il se rapproche de la tradition populaire orale transmise par des poètes troubadours et qui est inspirée du soufisme. Continuer la lecture de « Lu en décembre 2019 : Turquie / Nazim Hikmet , c’est un dur métier que l’exil »

21 Janvier 2020 cercle de lectures : réécritures

La première séance de l’année sera consacrée aux réécritures

Kamel DAOUD, Meursault contre-enquête

réécriture de l’Étranger d’Albert CAMUS

Clémentine BEAUVAIS, Songe à la douceur

réécriture d’Eugène Onéguine de POUCHKINE

Bertrand ROTHÉ, Lebrac, trois mois de prison

réécriture de La Guerre des Boutons de Louis PERGAUD

Pierre BAYARD, La Vérité sur les dix petits nègres

réécriture des Dix petits nègres d’Agatha CHRISTIE

décembre 2019: méli-mélo de contes

Méli-mélo de contes

La petite marchande d’allumettes / La belle au bois dormant.

Il faisait horriblement froid, il neigeait et le crépuscule tombait déjà doucement. C’était le dernier soir de l’année, le soir de la Saint Sylvestre.

Au milieu de ce froid et de cette obscurité, une pauvre petite fille marchait sous la nuée la tête découverte et les pieds nus. Dans son vieux tablier elle portait des allumettes, un paquet à la main, pour les vendre. Mais les gens passaient sans entendre les offres de l’enfant.

A toutes les fenêtres brillaient des lumières et dans les rues on sentait l’oie rôtie. La petite fille songeait qu’autrefois, lorsque vivait sa grand-mère, on fêtait aussi la Saint Sylvestre à la maison. Mais bonne – maman était morte, elle n’osait pas rentrer sans avoir vendu d’allumettes, son père la battrait.

Elle se blottit dans un coin et ramena ses pieds sous elle, elle avait de plus en plus froid. Ah ! comme la chaleur d’un feu d’allumette ferait du bien ! Elle en prit une, puis deux, et le paquet qu’elle alluma. Oh !la merveilleuse lumière. Elle vit en rêve, derrière les murs dans une salle, la table mise avec une nappe brillante et des assiettes de fine porcelaine, dessus une oie rôtie, farcie de prunes. Puis apparut un arbre de Noël gigantesque richement décoré.

Quand le paquet s’alluma il fit une telle lueur qu’elle se crut en plein jour, elle vit sa grand-mère, belle et grande, qui la prit par la main et toutes deux s’envolèrent haut, très haut. Plus de faim ni de froid, elles étaient chez le Bon Dieu.

On retrouva la petite fille les joues rouges, un sourire sur les lèvres. Un prince qui passait la trouva si belle, qu’il l’embrassa. Miracle, elle ressuscita.

Ce fut ainsi que le prince de la belle au bois dormant devint…..bigame !

J.G

décembre 2019 musique, expressions tirées de la musique

les expressions inspirées de la musique

Le maximum d’expressions a été recensé en séance.

Et maintenant inventer un texte assez court, qui rassemble le plus grand nombre d’expressions tirées de la musique (minimum 10)

L‘harmonie du couple que nous formions avec Wolfgang au début de notre mariage tournait à la cacophonie. Ça prenait une tournure carrément rock’n roll. Il sortait de plus en plus souvent le soir pour aller faire la java et rentrait au petit matin sans tambour ni trompette et les chaussettes en accordéon. J’ai bien tenté de mettre un bémol à ces excès mais c’était comme pisser dans un violon. Je m’en plaignis un jour à notre ami Ludwig. Qu’est-ce que vous me chantez là ? me cria-t-il. Bizet sans un tromblon ? Non, pisser dans un violon. Ah ! Mais mettez-la en sourdine je suis pas sourd!Alors:le visser au salon dites-vous ? Oui pourquoi pas ? Essayez de le mener à la baguette mais allez-y piano au début faut pas aller plus vite que la musique.

FV

C’était réglé comme du papier à musique, une fois par mois, on allait faire la java dans les sous-sols du centre culturel ; c’était D.D. qui donnait le la et en avant les tirages au sort, les lectures, les petits et les grands délires, les écritures déchaînées ; on peut le dire, D.D., elle avait le rythme dans la peau ; ça y allait à tout va, feuilletons à inventer, expositions à prévoir, dates à réserver, boire un coup à la première occasion.heureusement, il y avait F.V. et J.G.pour mettre un bémol et calmer le jeu car D.D. les auraient tous épuisés dans les sous-sols du centre culturel. Je crois sans vouloir dire du mal, qu’elle se prenait un peu pour une diva ( ça bien sûr, je n’irai pas le claironner dans les rues de T. où elle était honorablement connue). Cependant, on connaît la musique, dès qu’une personne tient le rôle principal et mène la danse, le succès peut lui monter à la tête. Enfin, c’est quand même très bien la java dans les sous-sols du centre culturel.

S.R.

EN AVANT LA MUSIQUE

Mais oui, on la connaît la musique. Impossible de changer de refrain, c’est réglé comme du papier à musique. Tu auras beau pianoter sur ton ordinateur, arriver avec le pantalon et les chaussettes en accordéon et des trémolos dans la voix. La note sera salée et même si tu essaies de négocier, ce sera comme pisser dans un violon.

Ils t’ont averti, dans le courrier ; c’est pas du pipeau. Ils t’ont dit que tu avais le train de vie d’une star de la chanson. Tu y auras droit à ton redressement fiscal.

Ddou Continuer la lecture de « décembre 2019 musique, expressions tirées de la musique »

Décembre 2019, musique, fable3

Fable

Couples d’instruments définis en séance

le basson et le violon ; la trompette et le tuba, le piston et la flûte à bec, le violoncelle et la flûte

 

Fable : La flûte et le violoncelle

Un violoncelle fort généreux,

De toutes ses cordes joyeux,

Vint voir un soir Dame la flûte

Pour lui conter un billet doux

Mais celle-ci, un peu hautaine

Tourna le dos au beau biniou…

Que faire ? se dit le noble instrument

N’ai-je pas bel organe ? Que lui faut-il de plus ?

La flûte, elle, espérait un bourdon

Un être de son bord, cuivre ou bois, mais à vent

Entre les deux, point de sornettes,

Le malentendu était grand…

S’en vint alors un chef d’orchestre

Et tous les musiciens devant

Dame flûte joua… dans une élévation

Qui fit frémir le violoncelle,

Mais lorsque celui-ci reprit sa ritournelle

D’une voix d’âme profonde et belle

Elle fondit de tout son long

Et se rendit au cœur fidèle, de tout son être.

Moralité :

Attendez donc, vous, les hautaines

De voir le fond de qui vous aime.

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décembre 2019: musique, fable 2

 fable

Couples d’instruments définis en séance

le basson et le violon ; la trompette et le tuba, le piston et la flûte à bec, le violoncelle et la flûte

 

 

Le piston et la flûte à bec.

Le piston qui scandait les accords des basses

Avec la flûte à bec qui minaudait, belle garce,

Différents d’humeur, de langage et d’esprit,

Se côtoyaient dans l’orchestre de « l’harmonie ».

Malgré ses succès avec des chansons légères

La flûte s’effaçait devant le piston sévère.

Le piston sentant la gêne de la flûte jolie,

La rassure et lui dit : Allons de compagnie,

Suivons le tempo de la baguette du chef,

 

Contre vous, ma belle, je n’ai aucun grief.

Libérée la flûte joue d’arpège en arpège,

Des airs badins, pour chasser le sortilège,

De-ci, de-là, elle pousse la chansonnette.

Le piston en déplore l’égrillard tout net :

Gardez ce répertoire osé, c’est votre droit,

Mais sachez qu’il ne nous donne aucun émoi

Foutaise ce vieux ronchon, pense la flûte légère,

 

Il est bon cependant que les avis diffèrent,

Avoir du piston apporte parfois du profit,

Et dire, merde flûte, soulage quand c’est fini !

JG