lu en février 2020, coup de coeur : Bruce Springsteen, born to run

Born to run, Bruce Springsteen

 En 2009, Bruce Springsteen et le E Street Band jouent à la mi-temps du Super Bowl. L’expérience est tellement grisante que Bruce décide d’écrire à ce sujet. C’est ainsi qu’a commencé cette extraordinaire autobiographie.
Au cours des sept années écoulées, Bruce Springsteen s’est, en secret, consacré à l’écriture de l’histoire de sa vie, apportant à ces pages l’humour et l’originalité qui lui sont habituels.
Il décrit son enfance, dans l’atmosphère catholique de Freehold, New Jersey, la poésie, le danger et les forces sombres qui alimentaient son imagination, jusqu’au moment qu’il appelle Le Big Bang : la première fois qu’Elvis Presley passe à la télévision.

Il raconte d’une manière saisissante l’énergie implacable qu’il a déployée pour devenir musicien, ses débuts dans des groupes de bar et la naissance du E Street Band. Avec une sincérité désarmante, il raconte aussi pour la première fois les luttes personnelles qui ont inspiré le meilleur de son œuvre et nous montre que les chansons Born to Run et Born in the USA révèlent bien plus que ce qu’on croyait.
Born to Run sera une révélation pour quiconque apprécie Bruce Springsteen, mais aussi pour ceux qui le connaissent moins ; c’est bien plus que le témoignage d’une rock star légendaire.
Rarement un artiste avait raconté son histoire avec une telle force et un tel souffle. Ce livre permet de découvrir un homme qui malgré une immense force de caractère (il a vécu avec 3 dollars en poche, squatté des garages, dormi à même le sol, sur une plage). Il s’est aussi fait rattraper par son enfance, par un père non-aimant, instable mentalement et violent. BS a été régulièrement sujet à des dépressions que sa famille et la musique lui ont permis de surmonter.

« J’ai visité ces lieux encore plus souvent en rêve, je montais sur le porche de la maison de ma grand-mère, j’entrais dans le vestibule, le séjour où parfois mes parents et elle attendaient, alors que d’autres nuits c’était le néant, des chambres vides. J’essayais de sonder, de reconstituer, de comprendre ce qui s’était passé et quelles conséquences cela avait pu avoir sur ma vie actuelle. J’y suis revenu tant de fois, en rêve et hors des rêves, à attendre une nouvelle fin à un livre écrit il y a bien longtemps. J’ai avalé les kilomètres comme si c’étaient eux qui pouvaient réparer les dégâts, écrire une histoire différente, obliger ces rues à livrer leurs secrets si bien gardés. Ce qui était impossible. J’étais le seul à pouvoir faire ça, et j’étais loin d’être prêt. J’allais passer ma vie sur la route à m’enquiller des milliers et des milliers de kilomètres et mon histoire serait toujours la même… »

(A propos de la maison de ses grands-parents)
« J’y éprouvais un sentiment de sécurité ultime, tout était permis, c’était le royaume d’un amour terrible, inoubliable et infini. Ca m’a à la fois détruit et façonné. Détruit dans la mesure où, ma vie durant, je devrais me battre pour me créer des limites qui me permettraient une certaine normalité dans mes relations avec les autres et dans mon existence. Et façonné, d’un autre côté, car ça me pousserait à rechercher toute ma vie un endroit « singulier » tout en alimentant l’acharnement dont je ferais preuve dans ma musique. L’effort d’une vie pour reconstruire mon temple de sécurité sur les braises de ma mémoire et de ma nostalgie.

L’autobiographie de Bruce Springsteen est écrite avec le lyrisme d’un auteur/compositeur singulier et la sagesse d’un homme touchant, qui a profondément réfléchi à ses expériences. »

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