lu en février 2020, Coup de cœur : Isaac Babel , Contes d’Odessa

Isaac Babel, Contes d’Odessa (1923-1937)

 

Isaac Babel est un écrivain  né dans le ghetto juif d’Odessa le 13 juillet 1894, fusillé le 27 janvier 1940 à Moscou.

Isaac Babel est né dans une famille aisée. Il fréquente l’école de commerce d’Odessa, tout en étudiant aussi parallèlement la religion juive. Il apprend ainsi à lire le yiddish. Peu porté à la pratique du sport ou à celle de la musique, il dévore les livres. Il a une bonne maîtrise de la langue et de la littérature française. Flaubert et Maupassant sont les auteurs qui le marqueront le plus et ils auront une influence très forte. Lorsqu’il écrit, il le fait en Russe car il se considère comme Russe.

Pendant sa jeunesse, la ville connaît de fréquents pogroms. Il échappe à celui de 1905. Ami de Gorki, il est séduit par la Révolution, il s’engage comme journaliste et traducteur dans l’Armée Rouge (Le Cavalier Rouge témoigne de cette période).

Écrivain reconnu, il subira des dénonciations. Arrêté en 1939, il est fusillé en 1940. Son œuvre sera interdite en URSS jusqu’à sa réhabilitation en 1954 au moment de la Déstalinisation.

Les Contes d’Odessa est un ouvrage qui rassemble des textes très courts : 4 contes et 21 nouvelles.

Ses contes évoquent avec poésie, réalisme et humour le petit peuple juif de l’Odessa d’avant 1917, à travers des portraits truculents et attachants de brigands, escrocs, prostituées, charretiers, marchands…

Les 21 nouvelles contiennent des éléments biographiques mêlés à la fiction (on ne peut pas parler d’autobiographie). La lectrice en a retenu trois.

« Dans le sous-sol » évoque un petit garçon menteur qui construisait un monde où l’affabulation enrichissait le réel et qui dès l’âge de 14 ans, le soir, transcrivait ses histoires. Cet enfant studieux à la vocation littéraire précoce n’aimait ni le sport ni la musique.

« Histoire de mon pigeonnier », dédié à Gorki évoque l’expérience tragique des pogroms de Juifs et décrit la montée de l’antisémitisme

« Guy de Maupassant » est un hommage admiratif à cet écrivain qui avait le souci du mot juste et de la phrase rigoureuse et qui a été son modèle

La lectrice revient ensuite au Cavalier Rouge, qui raconte, comme une épopée, l’expérience de combattant de Babel, sa fascination pour la guerre et son horreur de sa violence. Il rend hommage aux femmes, en particulier aux infirmières et aussi aux chevaux. Cette expérience suscite des questionnements et des doutes

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