Feuilleton 2019-2020 chapitre 7

Chapitre 7

 

 

Le banquet n’était pas mal, des petits fours à la pièce montée, tout était bectable. Je m‘serais bien goinfré pour plusieurs jours mais ça aurait craint. Et puis j’ai cette boule au ventre depuis la cérémonie. C’est pas le moment de gerber partout, j’sais me tenir quand même. Ou alors jsuis tellement mal que faute de marié on annule tout. Non, je n’ai pas fait tout ça pour arrêter là.

En plus, l’ambiance n’est pas terrible. Seule Rosalita se dandine frénétiquement sur la piste de danse. Elle, au moins, elle passe du bon temps. Dans sa grande générosité, elle a même essayé d’entraîner les gens dans une chenille bien mollassonne, elle n’a pas eu beaucoup de succés.

Et moi, jflippe grave que ma mère et mon frère mettent les pieds dans le plat. Heureusement que j’peux compter sur Raf que j’ai mis au parfum. Il les surveille discrètement du coin de l’oeil et il est prêt à faire feu à la moindre alerte. Je lui ai dit d’aller mollo, c’est quand même la famille, la vraie quoi.

Et voilà, l’heure du départ est arrivée. Il va falloir dire au revoir à tous ces pingouins et surtout il va falloir passer devant ma mère et mon frère. Depuis la mairie, dans ma tête une petite voix ne cesse de me prendre le chou : «  mon pauvre Fred dans quelle galère tu es encore allé te fourrer ».

Jflippe un max et Marianne qui s’en est aperçue me serre la main un peu plus fort. Et ça j’kiffe. Et mec qu’est-ce qui t’arrive ? On a dit marié au premier regard pas amoureux au premier regard.

Comme un vrai couple de jeunes mariés, on avance main dans la main vers la sortie. Encore quelques mètres et . . . Et merde voilà le frangin qui s’avance vers moi. Sans réfléchir, je m’jette pratiquement sur lui et à l’oreille jle supplie de ne rien dire au nom de nos liens fraternels qui nous unissent encore un peu. Et là, il se passe un truc de ouf, Mikaël recule, sourire aux lèvres, en me faisant un clin d’oeil. La situation n’a pas échappé à Marianne qui m’interroge du regard, jm’empresse de la rassurer et lui dit que son invité voulait tout simplement me féliciter. Et encore un bobard de plus.

Allez, encore quelques pas et c’est la liberté. Enfin la liberté, façon de parler. J’viens de me passer la corde au cou et avec une meuf que j’connais même pas.

La voiture avec chauffeur nous attend pour nous ramener à la prod pour se changer avant de se rendre à l’aéroport. Prendre l’avion, encore un truc nouveau pour moi. Marianne me regarde en souriant, elle s’attend certainement à ce que jlui fasse la conversation. J’n’ai jamais été doué avec les femmes alors encore moins avec la mienne.

J’peux pas lui raconter tout ce que j’ai dans le citron. Tout ce bouscule, la fac que j’ai abandonnée en même temps que ma famille, les petits boulots, la galère et enfin SDF. Mais qu’est-ce qu’une meuf comme elle fait avec un pignouf comme moi ? Et si jlui déballais tout maintenant.

Si j’arrêtais cette comédie avant qu’il ne soit trop tard.

Pas le temps de se lancer qu’on est déjà arrivé à la prod où on doit récupérer les valises pour le voyage. Une fois de plus j’peux dire merci à Raf et à la Cravate Solidaire car j’ai pu récupérer plusieurs fringues tout à fait potables. Pour le voyage j’choisis un pantalon blanc en lin presque neuf et une chemise bleu marine qui met mes yeux en valeur. Mais qu’est-ce qui me prend ? J’veux plaire à ma femme ou quoi ?

Quand Marianne arrive à la voiture, j’en prends plein les mirettes. Elle porte une robe à fleurs courte et surtout moulante à souhait. Waouh bien roulée la nana et sexy en plus. Et dans ma tête j’me mets à fredonner : «  tout est bon chez elle il n’y a rien à jeter, sur l’ile déserte il faut tout emporter »

Nous revoilà dans la voiture et inconsciemment ou pas, on s’est collé l’un à l’autre. C’est peut-être le début de la lune de miel. J’sens sa cuisse ferme contre la mienne. Un trouble grandissant m’envahit peu à peu. Finis les scrupules de tout à l’heure. J’veux juste profiter de l’instant présent surtout si le conte de fées doit s’arrêter bientôt.

Pour cacher mon émoi, j’me mets à jacter comme jamais. Et me voilà parti à vanter les beautés de la Crète où je n’ai jamais mis les pieds. Jlui raconte les plages de sable fin, les eaux turquoises, les montagnes et tous les trésors culturels de l’ile. J’ne me connaissais pas un tel bagout. J’suis intarissable sur le sujet, merci wikipédia où jme suis plongé dès que j’ai su où on allait. Marianne m’écoute sans dire un mot. J’ai l’impression qu’elle boit mes paroles, j’peux même lire une certaine admiration dans son regard. Mais qu’est-ce qu’elle fout avec un zozo comme moi ?

J’suis sur un petit nuage, j’lui prends la main et les yeux dans les yeux j’lui dit que j’la trouve très belle. Et là tout d’un coup des mots terribles sortent malgré moi de ma bouche :

«  écoute Marianne, si tu me tiens bien la main, j’te promets une lune de miel inoubliable et pleine de surprises. »

3 possibilités :

– Devant l’émoi de Marianne, Fred , pris de remords, décide de tout lui dire maintenant

– Ils continuent leur voyage de noce comme prévu

Arrivés à l’aéroport, mauvaise surprise, Violette et Mikaël sont là

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *