Jeu d’écriture par temps de confinement 26 03 2020- 4- regard tordu sur la peinture

26-4-2020

Jeu par temps de confinement 4 – Regard tordu sur la peinture

C’est un jeu emprunté aux « Papous dans la tête »

Baignade à Asnières : Seurat

Regardez bien le tableau, il est plus étrange qu’il en a l’air. La peinture ici n’est qu’un déclencheur : vous inventez une histoire suggérée par la situation ou écrivez un texte en vers ou en prose à partir des impressions ressenties.

Peu importe la période où le tableau a été peint, ni les intentions supposées du peintre,pas de recherche savante, laissez vous aller…

Fumée en pointillé

Silhouettes ébauchées

Verdure cadenassée

Voiliers et canotiers

Glissent sur l’eau feutrée

près des baigneurs peu inspirés .

HGod.

Est-ce vraiment un moment apaisé? Personne ne regarde personne,les yeux rivés vers la rivière,si claire malgré la fumée de la cheminée,tout au loin.Le jeune homme au bord de l’eau,pensif,la tête baissée,la mine renfrognée,semble concentrer à lui seul tous les non-dits de cette petite communauté au repos.Mais le petit garçon au bob rouge qui siffle dans ses mains,les yeux levés vers l’autre rive anime ce tableau qui ressemblerait presque à un temps de confinement.

BH

Un Ado se désaltérait dans le courant d’une onde pure. Tout semblait idyllique et tout était tranquille mais au premier plan un dangereux pédophile songeait à la façon d’approcher cet éphèbe : « fini les bonbons Germaine les a tous mangés mais promener mon chien reste un bon alibi pour l’attirer » ……..et je laisse le soin aux journaux du lendemain de commenter la suite…

MS

 Asnières-sur-Seine, au cœur de l’été.

Le ciel est bleu, quoique troublé par une fumée grisâtre sortant d’une cheminée d’usine au loin. Les Asniérois sont de sortie par ce beau soleil.

Dont Arthur, qui a été traîné ici par sa mère son petit frère Rémi. Arthur semble ailleurs, pas à sa place. Il a grise mine. Sa mère l’a chargé de surveiller son petit frère et leurs affaires, à côté desquelles il est assis dans l’herbe. Elle est partie faire des longueurs dans la Seine. Rémi, qui craint de ne pas avoir pied, reste près du rivage et crie à sa maman de faire attention, de ne pas ne noyer. Elle qui lui a gentiment déposé un bob rouge sur la tête, afin d’éviter d’attraper une insolation. Arthur n’a pas voulu mettre son bob, une façon de faire comprendre qu’il n’avait pas envie de venir ici, à regarder tous ces crétins barboter dans l’eau, polluée qui plus est. Il accepte seulement d’y faire tremper ses pieds, car cela lui apporte un peu de fraîcheur. Il a chaud mais il se dit que son épaisse tignasse brune suffira à le protéger du soleil. Et puis, il a l’air bête, avec un bob. Arthur regarde autour de lui pour faire passer le temps. Sur sa droite, une femme allongée comme une larve qui tourne le dos à son chien, lequel vient de faire caca dans l’herbe. Qui pour retirer cette horreur ? Personne, la larve fait comme si elle n’avait rien vu, et le chien comme s’il n’avait rien fait. Sur sa gauche, une femme assise, qui surveille son fils roux, assis dans l’eau. Il ne semble pas très dégourdi, celui-là. Rémi l’a interpellé à plusieurs reprises pour qu’il vienne jouer avec lui, mais le roux a fait la sourde oreille. « Comme voisins de serviettes, on a vu mieux ! », pense le jeune garçon brun. Sur la Seine, plusieurs bateaux à voile, dont la vue apaise Arthur. Ils filent sur l’eau tranquillement grâce au souffle du vent. En revanche, les quatre personnes agglutinées sur la même barque, là-bas, ont l’air bien embêtées. C’est à peine s’ils arrivent à avancer. « Pourvu que la barque se retourne et que tous ces imbéciles tombent à l’eau ! », songe Arthur. Au moins ça mettrait un peu d’animation. Quel ennui. Vivement ce soir de retrouver son père. Celui-ci travaille à l’usine, sous ce nuage noir qu’Arthur aperçoit tout au loin, derrière le pont qui enjambe la Seine. « Pauvre papa, qui trime dur alors que nous, nous sommes ici à nous dorer la pilule. »

LD

Que se passe-t-il donc ?

J’ai l’impression d’être dans un rêve !

Tout devient ouaté et floconneux. J’ai l’impression de flotter.

Je vais rejoindre les nuages, quitter les bords de Seine, oublier les fins de mois

Difficile, le patron acariâtre. Oh ! Que ça fait du bien. Je dérive ; tout s’efface.

Oui, c’est comme si je planais, je suis un grand oiseau blanc qui s’élance vers la mer.

J’aperçois une tache colorée dans mon champ de vision ; on dirait le bateau rouge

de mon copain Victor.

Ohé ! Du bateau, tu m’entends ?

Avec cette brume, je ne te vois presque pas. C’est pas avec ce temps-là qu’on va bronzer.

Je te propose de nous retrouver tous ce soir chez Fernand.

Oui à 8 H. Y aura Augustine et Paul avec leurs amis.

A ce soir.

Ddou

Mercredi après midi, sortie obligatoire pour tous les internes de notre collège privé «  très encadré ». Aujourd’hui, premier jour de soleil depuis l’éternité, ils ont choisi les bords de Seine  .Il faut qu’on s’aère, « pour nos poumons », à trois pas des usines, pour  « prendre le soleil , on est si blancs, on pourrait croire qu’on est malades» , on va attraper un coup de soleil oui, pour « se vivifier dans l’eau », là ils sont carrément maboules, l’eau est glacée. Jojo et Thomas sont les seuls à avoir obéi, mais eux c’est des lèche-bottes. On peut pas faire ce qu’on veut : le pion est là , il a l’air de dormir mais il nous observe. Comme il sait qu’on peut pas se blairer il nous a obligé à nous mettre à distance les uns des autres . On a l’air de quoi ! De toute façon Raoul, il va la prendre sa dérouillée quand on va rentrer, qu’on pourra s’enfermer dans le dortoir. Encore, ils auraient choisi un endroit où on peut voir des filles, mais non… à croire qu’ils s’entendent, qu’ils choisissent des lieux qui leurs sont interdits ! Mais quand est-ce qu’on rentre !

DDor

UN AUTRE TABLEAU A ETE CHOISI

« Carré blanc sur fond blanc » de Malevitch 

Espace reproductible en temps de reproductibilité. Reproductible car sa production permet l’entrebâillement ou la déchirure. On n’y voit rien ? Et c’est pourtant l’art à la portée de tout sujet. L’art capable de porter tout sujet. Ou objet. Espace, blanc sur fond blanc, que Warhol aurait pu décliner en d’autres teintes ou atteintes -attentes aussi- bel ouvroir de toutes nos potentialités. Miroir sans tain. Ancre sympathique pour individu dénué, non du tout, juste prêt à laisser passer le flux, le superflux.

MS

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