jeu par temps de confinement- 14 – tourisme minimal

05 04 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement – 14 – tourisme minimal

C’était un jeu des « Papous dans la tête » ( que vous pouvez toujours écouter en podcast)qui convient très bien à notre période de confinement :

Comme son titre l’exprime il s’agit de proposer un voyage ou pourquoi pas un séjour sur un périmètre ultra réduit

Comme exemple, je ne vous donnerai ni un exemple personnel, ni un exemple des « Papous » mais une chanson de ma jeunesse qui est venu trotter dans ma tête, de Catherine Leforestier , le pays de ton corps

Je connais un pays on dirait un jardin
Je peux y vivre nue sans avoir jamais froid
Quand j’y ferme les yeux je trouve sous mes doigts
Tous les chemins
J’ai le fond de tes yeux pour y chercher de l’or
La couleur de ta peau pour lire les saisons
Le creux de ton épaule pour ligne d’horizon
Et tout autour de moi tes bras font le décor
Au pays de ton corps
Au pays de ton corps
Au pays de ton corps
J’y ai vu des prodiges et de plus grands mystères
Que l’été en décembre ou que la neige en mai
A ce qu’il me semble plus je le connais
Plus je me perds
Et s’il mesure à peine 1m80J’y fais plus de chemin avec un seul baiser
Que ne font dans le ciel les hommes et leurs fusées
C’est un pays où l’on voyage avec les mains
Le pays de ton corps
Le pays de ton corps
Le pays de


 Ce matin grand voyage au dedans de ma tasse

Et voilà que sa forme, ses contours me délassent

Elle est bleue, bleue de cendres, et en grès bien dressé

Au toucher, elle est fine et douce à caresser.

Quoiqu’on dise c’est bon, elle n’est pas molasse

Son anse la tient bien pour ne pas qu’on la casse,

Et le thé, sa chaleur, sa saveur, quelque bien qu’il me fasse

Prend des couleurs d’iris aux reflets de l’émail,

Assagit doucement mes pensées en pagaille.

SD

boucler le bouquin

 

cela s’assemblait

impossible

à parcourir

en classe

touriste

tant était vaste

l’espace séparant le titre de la page de garde

d’une table faite de matériaux

lointains

comment faire

pour surmonter

les hauts de pages

sans parler des

enchaînements

et de l’entrave des lettres majuscules

grandes cimes à gravir

puis les remous

de ces pages

prises qu’elles étaient

dans un tourbillon de mots

virevoltant

s’abîmant sur les marges

droite et gauche vertigineuses

plages vierges encore

avant de jeter l’encre

sur un quatrième de la couverture

encore inatteignable…

             que déjà l’éditeur bouclait

MS

 Voyage maximal.

C’est un voyage que je fais assez souvent : chaque fois que j’ai besoin de me retrouver, de me ressourcer, de faire le point sur moi-même.C’est une excursion qu’on pourrait faire en solitaire mais j’ai toujours pensé que c’était mieux à plusieurs : on peut ainsi partager l’éblouissement de la découverte, c’est chez moi une forme d’altruisme qui peut paraître excessive mais qui, paradoxalement, me conforte l’égo. En effet ce périple, qui peut paraître banalement circulaire, suscite en moi un sentiment de plénitude cosmique, j’ai l’impression que tout mon être atteint les dimensions inouïes d’un univers infini constellé de trous noirs , secoué de frémissements gravitationnels précipitant les galaxies, nos sœurs lumineuses, vers les gouffres cataractant dans un énorme éclaboussement d’or!Cet univers en expansion perpétuelle, je veux l’explorer, le redécouvrir, aller au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau, remonter au big-bang là où est encore visible la cicatrice, la trace du cataclysme originel !

C’est pourquoi, vous en conviendrez maintenant, ce n’est pas un voyage minimal que ce voyage autour de mon nombril !

FV

 

5 avril : Tourisme minimal

 

Qu’est-ce qu’un balcon finalement ? Un lieu de survie. C’est sur celui-ci que tout se passe.

Il nous permet de prendre l’air de tout notre corps, contrairement aux fenêtres où l’on ne peut que sortir notre tête, éventuellement nos bras mais quel intérêt ?

Grâce à lui, nous pouvons voir nos voisins latéraux et communiquer avec eux, en n’ayant plus l’impression d’être seuls (à condition d’être sociables !).

C’est également sur lui que l’on peut voir s’épanouir nos plantes et prendre soin d’elles en les arrosant, en les regardant croître avec amour.

Pour peu que votre balcon soit exposé au soleil, c’est l’extase absolue. On peut faire plein de trucs en prenant un bain de soleil : lire, faire des mots fléchés, passer des coups de fil, et bronzer (et prendre de l’avance sur cet été !) et ce, pendant que notre lessive sèche à côté de nous, tant qu’à faire.

Depuis un balcon, on peut regarder le monde qui nous entoure, écouter les sons des oiseaux et le souffle du vent.

Le balcon est une fenêtre sur la vie.

LD

Petits pas au carré.

 

La pluie crachine et tambourine légèrement sur mon manteau de Petit -Gris . Mon corps mou se déploie , se déroule . Mes yeux sortent des orbites tentaculeuses. Quelle direction prendre ?

Mon pied musclé se met en mouvement . Le jardin exhale l’humus . Je frôle l’herbe qui s’étire comme un élastique sous mon poids. Une brindille barre ma ligne droite , un caillou occulte la ligne d’horizon , une plume chatouille ma coquille jaspée. Le gazon est frais , luisant ; la glissade lente et voluptueuse .

Il fait un temps à mettre tous les escargots dehors !

HGod

Voyage dans un périmètre minimal 

Je vous convie à un voyage dans un périmètre qui ne fera pas plus de 85 cm, qui

est la circonférence de mon assiette.

Grâce au kiwi, je visite la Nouvelle Zélande sur les pas du Capitaine Cook. Je découvre l’Ile fumante avec ses volcans et ses forêts subtropicales.

De là, je m’envole pour le  Mexique avec un avocat mûr à point : Cancun, les ruines mayas et Frida Kahlo comme guide m’attendent.

Les lentilles corail m’envoient en Inde puisqu’elles constituent le plat national le dal (ou dahl).

Je termine par le continent africain avec au choix une banane ou un ananas de la Côte d’Ivoire.

Je peux faire un autre voyage autour de mon assiette et celui-ci sera beaucoup plus local.

Si je remplace le kiwi par des radis et de la salade de Teyssenat (près de Terrasson), les lentilles corail par des lentilles du Puy ou même de Terrasson.  Comme dessert, vous dégusterez des fraises, du Périgord évidemment.

Cette assiette-là sera beaucoup plus écologique mais au moins aussi savoureuse.

 

Pour le décor, vous pouvez ajouter de la porcelaine de Limoges, du cristal de Bohême et une nappe brodée au Portugal.

D JC Dou

 

Le hamac

Si vous avez besoin d ‘évasion, choisissez le hamac.

Il suffit de le regarder pour voir des images de jungles pensives : hamac pour la sieste sous un gros arbre protecteur près d’un fleuve, celui , dans un village indien installé dans une case ouverte à tous les vents et où jouent des enfants joyeux, un hamac accroché sur le pont d’un vieux rafiot remontant l’Amazone avec des perdants magnifiques, aventuriers à leurs heures comme dans un roman d’Alvaro Mutis….

Le vôtre est banalement sur votre terrasse et vous allez vous y installer. Cela demande toute une organisation. Poussez vers lui une chaise pour avoir à votre portée tout le nécessaire et plus pour une telle expédition (livre , de quoi prendre des notes, écouter de la musique où encore se rafraîchir…) Examinez l’objet comme on le fait avant d’embarquer dans un coucou : état de la toile, des cordages, des systèmes d’attache…Regardez où se trouve le soleil, pour ne pas être gêné (surtout si vous avez oublié les lunettes de soleil dans votre équipement), localisez le point d’équilibre.

Laissez vous aller voluptueusement. Il s’enroule autour de vous, épouse et soutient toutes vos formes sans les forcer en aucune manière vous plongeant dans une sensation de paix absolue. Vous êtes dans votre bulle.Le monde à l’envers s’ouvre à vous avec l’infini du ciel et de ses nuances, la lumière qui joue dans les feuilles. Vous êtes partout et nulle part… Vous pouvez penser, rêver à loisir, lire pour poursuive le dépaysement où vous livrer toute autre fantaisie.

Mais vient le moment le plus délicat du voyage, le retour sur terre, l’extraction de l’habitacle sans trop de dommage.

DDor

.

Bientôt les vacances de Pâques, envolés mes rêves de voyage ! Confiné dans mon  appartement je ferme les yeux…
Quelle va être ma destination ? St Jean du living ?   Salon-sur-mer ?   L’île de la mezzanine?  Aix en cuisine ? Tiens tiens Aix en cuisine bonne idée…
Sur le seuil de la porte la première chose que je vois sur le mur d’en face c’est la photo d’un bateau : séjour inoubliable avec toute la bande, mer calme, les mouettes et les goélands qui passent au-dessus de nos têtes, les plongeons, les fous rires… Où sont-ils tous aujourd’hui ?  Confinés comme moi sûrement, rêvent-ils de grand large ?
A droite sur les étagères, de boîtes et des bocaux.. Oh des pâtes ! Souvenirs d’Italie, j’entends la musique, les chants, je fredonne, c’était comment déjà ?  » felicita  E’ tenersi per mano, andare lontano la felicita… »
J’ouvre la boîte d’à côté et le parfum qui monte à mes narines me pique un peu : curry, cumin, curcuma, gingembre, clou de girofle peut-être.. Me voilà en Inde, c’était il y a deux ans avec Marie. L’Inde, pays magique rempli d’odeurs et de couleurs. On était rentrés changés, surtout Marie traumatisée par la saleté et la misère.
Pour ne plus y penser je continue mon exploration . Il va être temps de faire un peu de rangement, je n’utilise pas la moitié de ce qu’il y a dans ces bocaux. J’en prends un au hasard et je l’ouvre : un parfum de caramel suscite aussitôt un désir de crêpes , du salidou ! Il vient directement de ma Bretagne natale. Ce mélange subtil de caramel et de beurre salé me fait presque venir les larmes aux yeux.
Dans le coin derrière j’aperçois une canette c’est une Triple Karmeliet. Je l’avais rapportée de mon forum à Bruxelles et oubliée là. Un petit tour au frais et je suis sûr que le goût me remémorera  les bons moments passés là-bas.
Je crois que c’est assez pour aujourd’hui, je pose tout ça sur la table et ce soir je vais me faire un repas « Tour du monde »

MPot

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