Ecrit en septembre 2020: si on me demandait…je répondrais3

Jeu 1 Si on me demandait… je répondrais

– Soit vous proposez une réponse à une des questions existentielles du professeur Froeppel puisées dans le texte de Tardieu et « les œuvres posthumes du professeur Froeppel » (1978, Gallimard)

3 Prenez un mot usuel. Posez le sur une table, bien en évidence et décrivez- le : de face, de dos et de profil.

soit vous posez un autre problème existentiel sur ce modèle et lui apportez une réponse


FV

Sur la table, le mot chien ne mord pas, de même, posé sur la table, on me murmure que le mot mur mure rien et que de plus il rapporte quasiment rien au scrabble

SR

Soleil

– De face, il m’éblouit.
– De dos, il me crame la peau.
– De profil, il me fait de l’ombre

HGT

De la fenêtre , le soleil tape sur mes lettres et réveille mes envies …

 Du dictionnaire , je me suis échappé et ai planté  » batavia  » et  » batée  » qui me serraient d’un peu trop près .

Les criailleries des mouettes m’invitent à les rejoindre : mon  » t  » s’étire en mât de misaine et mon   » b  » grossit , enfle , prend le vent et le large en entraînant 

 

       beaupré

       amarres

timonie

       eurymédon

       ancre

utopie

pour voyager entre mer cotonneuse et ciel azuré .

D.Dor

Si on me demandait :

Étant donné un objet désigné par un mot, qui a eu l’idée de ce mot et comment a-t-il été reconnu par tous ?

Je répondrais que la question me dépasse

Si on me demandait :

Prenez un mot usuel. Posez le sur une table, bien en évidence et décrivez- le : de face, de dos et de profil.

...je répondrais ainsi :

Pour mener à bien l’expérience d’observation du mot « mot », j’ai utilisé la méthode mise au point par le poète Michel Espitallier : j’ai pris des lettres en vermicelle pour le bouillon et les ai disposées sur la nappe.

De face, « mot » est composé de trois lettres de structure différente. Le m , large consonne à trois pattes lui donne sa stabilité. A sa droite, la voyelle o se love sur elle même en un cercle parfait, empêché de rouler au loin par le t, une canne renversée, bien effilée, regardant vers l’avenir de toute sa hauteur , traversée par une barre courte en surépaisseur. Il n’a pourtant pas de quoi être fier, le t : lorsque je lis « mot » de gauche à droite, je ne le prononce pas… il n’existe plus.

De dos, la composition s’inverse. Si le o et le m ne changent pas d’apparence, le t se distingue encore, lorgnant le passé ; il fait encore son original.Méconnaissable, il m’empêche de lire l’ensemble à moins d’entreprendre ma lecture de droite à gauche.

La lecture de profil est plus technique : il faut redresser les lettres et bien se positionner dans l’axe. Au premier abord, une seule ligne verticale, de faible épaisseur, quasi homogène qui donne son poids à « mot ». A mieux observer, un léger renflement au milieu de la barre permet de deviner le t et d’imaginer les deux lettres plus modestes qui le précèdent.

Revenons à l’endroit. Immédiatement cet assemblage de lettres me renvoie à mot à sa prononciation et son sens d’ensemble signifiant dans mon langage sans que je me pose de question d’adhésion ou non à la chose. Mais me voici face à ma première question. Pourquoi ce choix de « mot », comment s’est produite l’acceptation généralisée du terme ici, alors qu’ailleurs on parle de « palabra » en espagnol, « parola ou battuta » en italien, « word » en anglais, « slovo » en tchèque, « hitza » en basque, « kupu » en maori ou « zi » en chinois. D’histoire en étymologie,en tentatives de compréhension des peuples comment remonter aux origines de ces conventions communes ?

DDou

L’amour, l’amour, l’amour
Dont on parle toujours

À l’amour, c’est un printemps craintif
Une lumière attendrie, ou souvent une ruine
L’amour, l’amour, c’est le poivre du temps
Une rafale de vent, une feuillée de lune
L’amour, l’amour, à l’amour
Dont on parle toujours
L’amour, met la nuit a un bonnet
Et le jour porte un masque
Qui veulent que l’on grimace
L’amour, l’amour
C’est parfois même aussi, que le visage d’un autre
Qui n’est ni lui ni l’autreÀ l’amour, à l’amour, à l’amour
Dont on parle toujours
À l’amour, à l’amour c’est plus d’une fois
Un panier vide aux bras l’arc-en-ciel sur deux coeurs
À l’amour, à l’amour
À l’amour c’est quand je t’aime
À l’amour c’est quand tu m’aimes
Sans me le dire
Sans te le dire
À l’amour, à l’amour
L’amour c’est quand tu m’aimes
L’amour c’est quand je t’aime
Sans te le dire
Sans me le dire

Amour

Si je le pose sur une table. Je pense immanquablement à cette chanson de Mouloudji.

Il inspire ou désespère.

De face, que dire, entrelacements, tout en rondeurs de a et de o emmêlés, de vagues et de sable, de mots ou de quiproquos. C’est le début d’une histoire d’amour.

Tout devient poétique, romantique, érotique peut-être.

De profil, il n’en subsiste que peu de chose, quelques bribes comme un amour inachevé ou finissant. Les reliefs s’émoussent comme une médaille oubliée dans la mer.

De dos : des arêtes moins acérées, les pointes adoucies.

Rien ne dépasse, comme des amours assagies.

Parfois il s’éloigne et prend le large sans prévenir.

Cette fois c’est fini, il est parti.

Triste constat. Peut-être reviendra-t-il ? Mais quand ?

Qu’il soit attendu, vécu ou perdu, « l’amour dont on parle toujours ».

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