Lu pendant l’été 2020- Poésie – Apollinaire

Guillaume APOLLINAIRE (1880-1918)

Guillaume Apollinaire est né à Rome en 1880. Il est l’enfant non désiré d’une mère Polonaise prénommée Angelika Kostrowicka, maîtresse d’un noble. À sa naissance, celle-ci a voulu rester anonyme, elle ne le reconnaît que quelques mois plus tard sous le nom de Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandroi Apollinare de Kostrowitzky. Son père serait un officier italien, Francesco Flugi d’Aspermont. En 1882, elle lui donne un demi-frère, Alberto Eugenio Giovanni. En 1887 elle s’installe à Monaco avec ses fils sous le nom d’Olga de Kostrowitzky. Très vite elle y est arrêtée et fichée par la police comme femme galante, gagnant probablement sa vie comme entraîneuse dans le nouveau casino. Guillaume, placé en pension au collège Saint Charles, dirigé par les frères Maristes, y fait ses études de 1887 à 1895, et se révèle l’un des meilleurs élèves. Puis il est inscrit au lycée Stanislas de Cannes et ensuite au lycée Masséna de Nice où il échoue à son premier baccalauréat et ne se représente pas.

Il est considéré comme l’un des poètes français les plus importants du XX siècle, et a fait l’objet de plusieurs adaptations en chansons au cours du siècle. Il a un temps expérimenté la pratique du calligramme (terme de son invention, quoiqu’il ne soit pas l’inventeur du genre lui-même, désignant des poèmes écrits en forme de dessins et non de forme classique en vers et strophes). Il fut le chantre de nombreuses avant-gardes artistiques de son temps, notamment du cubisme et de l’orphisme, à la gestation desquels il participa en tant que poète et théoricien de l’Esprit. Il a été l’ami de nombreux artistes comme Pablo Picasso.

En 1913, il publie son recueil le plus connu, Alcools, le fruit de 15 années de travail. Il renouvelle alors la forme poétique, jouant avec la tradition, allant de l’élégie au vers libre, se jouant de la temporalité et de l’espace également. Le poème « Zone » ouvrant ce recueil fait écho à La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France de Blaise Cendrars.

Nous avons également évoqué le recueil posthume Poèmes à Lou paru en 1955, dans lequel le poète s’adresse à sa muse, Louise de Coligny-Châtillon, rencontrée en 1914. Ce recueil est une véritable ode à la femme aimée, ce sont des lectures qui font du bien.

Pour terminer voici le célèbre « Pont Mirabeau » que notre lectrice nous a relu avec plaisir :

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu’il m’en souvienne

La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face

Tandis que sous

Le pont de nos bras passe

Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante

L’amour s’en va

Comme la vie est lente

Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines

Ni temps passé

Ni les amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

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