lu pendant l’été 2020 – poésie – Pierre Jean Jouve

Pierre Jean JOUVE (1887-1876)

Pierre Jean Jouve est un écrivain, poète, romancier et critique français.

Pierre Charles Jean Jouve a eu « plusieurs vies ». Avant 1914, il est un des écrivains de l’unanimisme, ce mouvement créé par Jules Romains, puis un membre actif du mouvement pacifiste animé par Romain Rolland pendant la Première Guerre mondiale.

À partir de 1921, une profonde rupture a lieu grâce à sa seconde épouse, la psychanalyste Blanche Reverchon, traductrice de Sigmund Freud (1923) et amie de Jacques Lacan. Elle fait de lui l’un des premiers écrivains à affronter la psychanalyse et à montrer l’importance de l’inconscient dans la création artistique — et cela dès le milieu des années 1920. On peut citer parmi les œuvres de cette époque ses recueils de poèmes : Les Noces (1925-1931), Sueur de Sang (1933-1935), Matière céleste (1937), et ses romans : Le Monde désert (1927), Hécate (1928), Vagadu (1931), La Scène capitale (1935), et le plus connu Paulina 1880, paru en 1925 (adapté au cinéma en 1972 par Jean-Louis Bertucelli).

Poème « Hélène »

Que tu es belle maintenant que tu n’es plus

La poussière de la mort t’a déshabillée même de l’âme

Que tu es convoitée depuis que nous avons disparu

Les ondes les ondes remplissent le cœur du désert

La plus pale des femmes

Il fait beau sur les crêtes d’eau de cette terre

Du paysage mort de faim

Qui borde la ville d’hier des malentendus

Il fait beau sur les cirques verts inattendus

Transformés en églises

Il fait beau sur le plateau désastreux nu et retourné

Parce que tu es si morte

Répandant des soleils par les traces de tes yeux

Et les ombres des grands arbres enracinés

Dans la terrible

Chevelure celle qui me faisait délirer

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