chapitre A Les femmes du rez de chaussée

26Les soirs d’été, Maria Luisa, Rosanna et Monette (toutes trois habitant au rez de chaussée) se retrouvent souvent dans le hall où il fait bon papoter jusqu’à pas d’heure. Certaines mauvaises langues diraient cancaner.

Elles évoquent souvent leur arrivée à Terrasson. Car devenir locataire « Au long cours », ça se mérite. Marie Charlotte choisit ses locataires lors d’une entrevue digne des castings les plus pointus des réalisateurs du cinéma d’art et d’essai. Oui, il s’agit bien d’un casting. L’immeuble est pour elle, une sorte de plateau de cinéma, ou de scène de théâtre où les acteurs ne sont pas des acteurs. Continuer la lecture de « chapitre A Les femmes du rez de chaussée »

chapitre E une journée de Jeff Blanchard

Sept heures moins le quart, la sonnerie stridente du réveil de Ludovic parvient jusqu’à Jeff et Thomas à travers le studio des quatre Polonais quasiment invisibles. Il leur reste un quart d’heure à profiter de la chaleur du lit, les yeux mis clos errant des tableaux colorés , aux branches du vieux cerisier, plus ou moins feuillu selon les saisons qui les informe du temps du jour. Continuer la lecture de « chapitre E une journée de Jeff Blanchard »

Chapitre F Une journée de Lucien Griffoul

Les journées de la vie de retraité de Lucien Griffoul auraient pu être monotones et répétitives, générant l’ennui, qui bien souvent conduit à la dépression et aux conduites addictives ou suicidaires comme on peut le lire chaque semaine dans la page psychologie de l’Echo de la mode auquel la maman du petit Lucien fut longtemps abonnée, car bien que née à Eybène et mariée à un gars d’Eyvigues elle n’en était pas moins une femme de son temps, moderne et ouverte aux idées nouvelles, y compris en matière d’émancipation féminine, même si le coup de tonnerre de la parution du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir en 1949 n’avait eu que peu d’écho sur les pechs du causse d’Eyvigues et de Simeyrol, suscitant seulement la réprobation indignée du curé de Salignac dans ses prêches dominicaux et la mise à l’index immédiate de l’ouvrage impie qui eut l’honneur de figurer sur le panneau d’affichage dédié au sein de l’église bien en vue des fidèles voisinant avec des noms illustres (Voltaire, Sade, Sartre…) ou moins (Vaillant le journal de Pif, par exemple) . Continuer la lecture de « Chapitre F Une journée de Lucien Griffoul »

chapitre G Lucie Moune

Lucie Moune, elle est là depuis deux ans, on ne sait toujours pas grand-chose sur elle. Elle est arrivée un beau matin, l’air de rien. Depuis on ne s’est pas trop habitué à elle. On ne sait pas qui elle est, ce qu’elle fait. Les relevés, attestations, justifications diverses demandés quand elle a emménagé dans la location auraient dû rassurer la compagnie. Ils n’ont convaincu personne. Elle a bien apposé une plaque en bas de l’immeuble stipulant qu’elle est voyante ; n’importe quel zozo peut s’affubler de ce titre, il n’existe aucune diplôme validant la profession. Ce qui interroge, c’est que sur la plaque, Lucie Moune est devenu tout simplement LUCIA, Voyance Spécialisée Amour-Travail. Qu’est-ce qu’elle a à cacher ? Continuer la lecture de « chapitre G Lucie Moune »

Chapitre I Dans la Grande Maison

LA JOURNEE TYPE D’AMELIA DE LA TOUR

Tous les matins, comme si elle avait une horloge interne, Amélia ouvre un œil à 6h30. Sitôt réveillée, sitôt levée. Chez les de La Tour on n’a jamais fait de grasse matinée. Après quelques étirements quotidiens, elle passe dans son cabinet de toilette attenant à la chambre. Là, elle se lave rapidement car le bain ce sera pour ce soir. Un peu de crème sur le visage, un peu de crème sur les mains, Amélia ne se maquille pas, juste un soupçon de rouge à lèvres cuivré pour rehausser son teint pâle. Elle prend plus de temps pour relever en un élégant chignon sa longue chevelure cendrée. Continuer la lecture de « Chapitre I Dans la Grande Maison »

Mystère à la résidence au long cours : chapitre1

L’appartement mystère

Maria Luisa Goncalva a encore passé une mauvaise nuit. Une fois de plus, vers 2 h du matin, les bruits ont recommencé dans l’appartement vide du premier étage. Les résidents de l’immeuble vont encore se plaindre et lui demander d’intervenir.

Depuis 15 ans qu’elle est la gardienne de tous ces braves gens et qu’elle partage un peu de leur vie, bien qu’elle ne soit pas concierge, elle se doit de veiller à leur bien-être. II ne faut pas les décevoir, c’est son devoir ! Mais que faire ?

Une chose est sûre, ces bruits ne proviennent ni de souris ni de rats, il y en aurait partout. Et ça, foi de Maria, ce n’est jamais arrivé et tant qu’elle sera là, ça n’arrivera jamais ! Alors quoi ? Elle n’a pas la clé de l’appartement donc elle ne peut pas aller vérifier par elle-même. Continuer la lecture de « Mystère à la résidence au long cours : chapitre1 »