lu en février 2020, coup de cœur : Marc Roger, Grégoire et le vieux libraire

Marc Roger, Grégoire et le vieux libraire (2019)

 

Marc Roger est né en 1958 à Bamako au Mali.

Il exerce la profession de lecteur public au sein de la Compagnie « La Voie des Livres ». Depuis 1992, il vit de sa passion pour la lecture à voix haute, qui représente un lien social fort selon lui :

« Lire à voix haute et en public, c’est à mon sens, offrir à l’écoute du plus grand nombre, public adulte et jeunesse, des récits brefs, nouvelles ou extraits de romans. C’est également produire des étincelles qui donnent envie de lire, douvrir la voie des livres par où circulent l’échange et les idées. Mais c’est aussi, au cœur des villes et des villages, dans l’entreprise, dans les cafés, partout dans la cité, s’inscrire comme un passeur. Tout simplement lecteur public. »

Grégoire et le vieux libraire, premier roman de Marc Roger.

 C’est l’histoire d’une rencontre, une belle rencontre. Entre Grégoire, 18 ans, pas doué pour les études et devenu agent de service hospitalier dans une maison de retraite malgré lui parce qu’il faut bien travailler pour gagner sa vie, et Monsieur Picquier, ancien libraire atteint de la maladie de Parkinson et d’un glaucome aux yeux. Le vieux monsieur ne peut plus ni tenir un livre, ni distinguer les mots sur les pages. Grégoire fuit pourtant cet objet, qui lui rappelle sa médiocrité à l’école ; mais Monsieur Picquier va avoir besoin de lui pour l’aider à vivre de son ancienne passion avant de s’éteindre, (si ça se trouve des années plus tard, sans avoir pu retrouver le plaisir de lire). Continuer la lecture de « lu en février 2020, coup de cœur : Marc Roger, Grégoire et le vieux libraire »

lu en février 2020 , coup de cœur : jean Echenoz, la vie de Gérard Fulmard

Jean Échenoz, Vie de Gérard Fulmard (2020)

Avec ce nouveau livre, Jean Échenoz nous présente une parodie de polar.

Le personnage principal, Gérard Fulmard, est un anti-héros, un raté qui enchaîne les échecs. Son nom de famille qui, à une lettre près, évoque un oiseau de mer gris et terne, n’est pas en sa faveur.

Le début de l’intrigue illustre bien le ridicule du personnage. Nous apprenons que la chute d’un satellite soviétique a tué son propriétaire d’appartement ; Gérard se croit alors délesté de tous ses impayés de loyer et de ceux à venir. Continuer la lecture de « lu en février 2020 , coup de cœur : jean Echenoz, la vie de Gérard Fulmard »

Lu en février 2020 : coup de cœur : T. Cantaloube , Réquiem pour la République

Thomas Cantaloube, Requiem pour une République (2019)

Thomas Cantaloube est né en 1971 en France, il est journaliste et écrivain.

Requiem pour une République est son premier roman, qui a obtenu le Prix Landerneau.

Selon notre lectrice, il s’agit certes d’un polar, mais pas que.

L’intrigue se situe à Paris entre 1959 et 1962, pendant la guerre d’Algérie.

Tout débute par l’assassinat d’un avocat Algérien très connu et celui de sa famille, en 1959. Deux personnages que tout oppose vont enquêter sur cette affaire : Continuer la lecture de « Lu en février 2020 : coup de cœur : T. Cantaloube , Réquiem pour la République »

lu en février 2020, coups de cœur : Emmanuel Dongala, le feu des origines

Emmanuel Dongala, Le Feu des origines (1987)

 

 Emmanuel Dongala a une langue magnifique imagée, précise et rapide, de l’humour aussi pour dresser une grande fresque de l’histoire du Congo Colonial à travers l’histoire de son héros décalé, Mandala (la palme) Mankuku (celui qui défie les puissants).

Le livre est aussi bien une critique de la société ancienne que de la société coloniale.

L’enfant naît dans un village de la Brousse, mais sans témoin (seule une palme plantée par la mère sur le lieu de l’accouchement) et avec des yeux verts, ce qui fera douter de son humanité. Continuer la lecture de « lu en février 2020, coups de cœur : Emmanuel Dongala, le feu des origines »

lu en février 2020, Coup de cœur : Isaac Babel , Contes d’Odessa

Isaac Babel, Contes d’Odessa (1923-1937)

 

Isaac Babel est un écrivain  né dans le ghetto juif d’Odessa le 13 juillet 1894, fusillé le 27 janvier 1940 à Moscou.

Isaac Babel est né dans une famille aisée. Il fréquente l’école de commerce d’Odessa, tout en étudiant aussi parallèlement la religion juive. Il apprend ainsi à lire le yiddish. Peu porté à la pratique du sport ou à celle de la musique, il dévore les livres. Il a une bonne maîtrise de la langue et de la littérature française. Flaubert et Maupassant sont les auteurs qui le marqueront le plus et ils auront une influence très forte. Lorsqu’il écrit, il le fait en Russe car il se considère comme Russe. Continuer la lecture de « lu en février 2020, Coup de cœur : Isaac Babel , Contes d’Odessa »

lu en février 2020, coups de cœur: Dominique Bona, Stefan ZWEIG

Dominique Bona, Stefan Zweig (1996)

Dans son ouvrage très riche, Dominique Bona (Membre de l’Académie Française) qui a écrit nombre de biographies (Romain Gary, Berthe Morisot…) explore la personnalité complexe de Stefan Zweig mais aussi son art d’écrire.

Il est né en 1881 dans une famille juive dans l’Empire Austro-Hongrois.

Il a un rejet profond de son éducation scolaire dont le seul projet était de dompter les élèves, il n’aime pas le sport mais a la passion de la musique et de la littérature, a pour maîtres Rainer Maria Rilke, Goethe, Voltaire ou Hesse, aime Verlaine et Verhaeren. Il aime aussi les femmes. Il a la chance d’avoir un frère aîné qui reprend l’affaire familiale et de pouvoir, une fois ses études faites, se consacrer à ses passions. Continuer la lecture de « lu en février 2020, coups de cœur: Dominique Bona, Stefan ZWEIG »

Lu en Février: coups de cœur:C. Pinkola Estres , les femmes courent avec les loups

Clarissa Pinkola Estres, Les femmes qui courent avec les loups (1992)

 

Il s’agit d’un essai de Clarissa Pinkola Estres, auteure états-unienne qui est aussi une conteuse et une psychanalyste s’appuyant sur la démarche de Jung. Dans sa profession, elle prend principalement en charge des vétérans de guerres pour qu’ils se « réparent ».

Elle fait partie des psychanalystes qui explorent les contes pour développer leurs théories. Continuer la lecture de « Lu en Février: coups de cœur:C. Pinkola Estres , les femmes courent avec les loups »

lu en 2020, réécritures, Pierre Bayard, La vérité sur les 10 petits Nègres / A. Christie Les 10 petits Nègres

Pierre BAYARD,

La Vérité sur les dix petits nègres, 2019

Pierre Bayard est un professeur de littérature universitaire qui se plaît à revisiter les classiques de la littérature policière. Il propose de nouvelles solutions à des enquêtes « bâclées, inachevées ».

Pour commencer, l’auteur présente les personnages comme dans une pièce de théâtre et dresse un portrait rapide, mais sortis de l’ouvrage, ceux-ci prennent une existence autonome comme s’ils échappaient à leur premier auteur.

Le/la narrateur(trice) prétend être le/la vrai(e) coupable. Il/elle use volontairement de l’écriture inclusive pour mieux perdre le lecteur. Il/elle déconstruit savamment, littérairement le roman d’Agatha Christie selon un plan implacable : avertissement, structure, enquête, contre-enquête, aveuglement, désaveuglement. Continuer la lecture de « lu en 2020, réécritures, Pierre Bayard, La vérité sur les 10 petits Nègres / A. Christie Les 10 petits Nègres »

lu en janvier 2020, réécritures Bertrand Rothé, Lebrac, Trois mois ferme/ louis Pergaud, la guerre des boutons

Bertrand ROTHÉ,

Lebrac, trois mois de prison, 2009

 Bertrand Rothé nous livre ici Lebrac, trois mois de prison, une intrigue qui reprend l’ensemble des personnages de La Guerre des boutons de Pergaud, 100 ans après. Il s’agit d’un roman documentaire, qui s’appuie sur la façon dont notre société règle les problèmes de la jeunesse aujourd’hui. Pour cela, l’auteur a fait appel à des policiers, des juges, des éducateurs, des médecins, des psychologues, qui tous travaillent avec des mineurs. Il s’est servi de la façon dont ces corps de métier réagiraient aujourd’hui face aux « bêtises » commises par les personnages du livre de Pergaud. Continuer la lecture de « lu en janvier 2020, réécritures Bertrand Rothé, Lebrac, Trois mois ferme/ louis Pergaud, la guerre des boutons »

lu en janvier2020, réécritures, Clémentine Beauvais, songe à la Douceur / Pouchkine, Onéguine

Clémentine Beauvais,

Songe à la douceur, 2016

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans et lui 17. C’est l’été et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est charmant, elle romantique et inévitablement, elle tombe amoureuse de lui. Alors, elle lui écrit une lettre. Il la rejette sans doute pour de mauvaises raisons. Une histoire touchante avec une héroïne qui insuffle une bonne dose de féminisme.

Les déclarations d’amour se font par textos ou messages électroniques. Nous sommes dans une banlieue parisienne on ne peut plus contemporaine. Continuer la lecture de « lu en janvier2020, réécritures, Clémentine Beauvais, songe à la Douceur / Pouchkine, Onéguine »