Jeux de septembre 2020 – 2- Une fin pour quelle histoire?

Jeu 1 : Une fin pour quelle histoire ?

Voici 5 fins de romans existants . Choisissez en une qui pourrait conclure une histoire de votre cru :

1 « – Rien d’autre, vous n’avez rien d’autre à me dire, Monsieur ? – Rien, non, Directeur »

2 « Comme elle était lourde, ils la portaient alternativement. »

3 « – Alors, qu’est-ce que t’as fait -j’ai vieilli »

4 « Puis la paix retomba sur un petit tas de poussière livide »

Choix 4 « Puis la paix retomba sur un petit tas de poussière livide »

– J’en ai marre que tu ne passes jamais le balai !

– Je n’ai pas le temps. J’ai un travail fatigant, moi.

– Parce que moi, non ?!

– Je n’ai pas dit ça. Mais le mien est un peu plus physique, tu en conviendras.

– Mais la mauvaise foi du mec ! Même au chômage tu ne savais pas à quoi ressemblait un balai ! Il a fallu qu’on se rencontre pour que tu le découvres. À nos débuts, tu faisais des efforts.

– Il faut croire que j’ai préféré te rencontrer, toi.

– C’est vrai que tu ne lui as plus prêté attention, depuis, à ce pauvre balai.

– Cela devrait te flatter. Tu es beaucoup plus attirante, inspirante, et vivante que lui…

– Tu essayes de m’endormir, je te vois venir…

– Je dis la vérité : ce balai ne me plaît pas du tout. Il n’a pas tes jolies formes, ton regard incandescent, ta douce voix…

– C’est bon ça ira pour cette fois, le ménage. La chambre est propre, tu viens …?

Puis la paix retomba sur un petit tas de poussière livide.

L.D

Choix n°3 « – Alors, qu’est-ce que t’as fait -j’ai vieilli »

C’est une très vieille histoire racontée de façon moderne

C’est l’histoire d’un homme qui aurait pu vivre heureux auprès de ses parents, dans son petit village. Mais vers la trentaine, il décida de faire de la politique. Il créa un petit mouvement d’opposition placé sous le symbole du poisson dont le nom en grec , ICHTUS, était sans doute un acronyme intraduisible pour la majorité des gens. Il ajoutait, allez savoir pourquoi, que ses successeurs seraient appelés à régner. C’était un excellent orateur. Accompagné de ses adhérents, il allait de village en village, en proclamant des idées nouvelles d’amour et de paix pour toute l’humanité.Dans un pays occupé par des troupes étrangères et gouverné par une dictature religieuse, il ne pouvait s’attirer que des ennuis. Effectivement, il lui arriva de très nombreux malheurs et en fait, il fut recherché, puis dénoncé par un de ses adhérents. Après avoir subi d’horribles tortures, il fut laissé deux jours inerte au fond d’une grotte. Il se éveilla effectivement le troisième jour et en fait il décida de retourner chez celui qu’il appelait maintenant son père. Il arriva chez lui très fatigué parce qu’il avait dû gravir de nombreuses strates pour le rejoindre. Il s’écroula à sa droite sur un coussin en forme de nuage et son père lui demanda :

-Alors, Qu’est ce que tu as fait ?

– J’ai vieilli

JZ

Je suis trop vieux pour ces conneries.

Ce matin, je profite de mon samedi devant mon café et je prends mon temps. Le week-end j’ai la chance de ne pas travailler. J’ai donc tout loisir pour prendre une heure devant mon bol si j’en ai envie. A dire vrai, je passe plus de temps sur mon téléphone à regarder les réseaux sociaux et ma boisson n’a plus rien de chaude à la fin de mon rituel mais je m’en moque. Toute la semaine je travaille de longues heures au sein de mon cabinet comptable. Alors étant mon propre patron, je peux choisir mes jours de repos. J’adore mon travail. Mais ce dernier me fait souvent passer du temps loin de mon appartement et de ma compagne Sylvia. Nous sommes en couple depuis maintenant six ans. Nous avons dix ans d’écart. J’ai 36 ans alors que Sylvia en a 26 ans. Elle vient tout juste de finir ses études et de commencer son premier emploi dans la communication. Notre entourage n’était pas favorable à notre relation au départ. Ses parents ne comprenaient pas pourquoi pas elle ne se mettait pas en couple avec quelqu’un de son âge. Quant à mes amis pensaient que je voulais juste me taper une petite jeune pour satisfaire mon égo. Mais lorsqu’ils ont compris que notre histoire était sérieuse ils ont appris à respecter notre choix. Nous avons eu un véritable coup de foudre l’un pour l’autre. C’était lors d’une soirée. Aujourd’hui nous vivons ensemble depuis un an. Nous avons pris nos marques. La semaine nous nous voyons peu, uniquement le soir et encore pas toujours. Je fais souvent des heures supplémentaires. C’est le prix à payer pour être son propre patron.

Ce matin donc, j’étais sur mon téléphone quand Sylvia a enfin émergé du lit. Après le « Bonjour » et le bisou matinal, nous échangeons quelques banalités.

  • Bien dormi ma chérie ? Je demande à Sylvia
  • Oui merci. Hier j’ai croisé Eva et Henri. Ils nous invitent à aller faire une partie de Paint Ball avec eux et un couple d’amis à eux. Je leur ai dit oui bien sûr. Cela ne t’embête pas j’espère ?
  • Non bien sûr. Je réponds ( Que pouvais je bien dire d’autre ?)
  • Super, me dit elle avec son magnifique sourire avant de plonger elle même son esprit sur son téléphone.

Le reste du petit déjeuner se fait en silence. Puis on s’affaire aux tâches du samedi matin à savoir le ménage, les courses au marché et la cuisine. On adore cuisiner ensemble. Après le repas, je me pose une petite demi heure dans le sofa avant de me préparer pour notre sortie improvisée. Au moment de partir, je ne suis pas franchement rassuré, je n’ai jamais fait de Paintball. Mais je suis content de passer ce moment avec Sylvia et ses amis. Eva et Henri sont des amis qu’elle s’est fait au sein de son entreprise. Ils ont visiblement le même âge que ma conjointe et les mêmes passions. En général ils ne se passent pas un jour sans qu’elle me parle d’eux. Il était donc tout naturel pour moi de faire connaissance avec eux. Toutefois j’aurais plutôt imaginer un repas au restaurant ou dans un bar pour notre première rencontre. Mais étant de nature curieux, j’étais aussi intrigué par ce sport à la mode.

Détestant être en retard, nous étions un peu en avance. Nous avons très vite été rejoints par les amis de Sylvia. Puis nous sommes entrés dans l’établissement. Après avoir acheté nos places, ils nous ont passé la tenue et l’équipement de protection. Sur le moment, je me suis dit pourquoi tout cela pour un peu de peinture….. Après deux heures intensives j’ai mieux compris le pourquoi du comment. J’avais mal partout, j’étais fatigué et j’avais hâte de rentrer, prendre ma douche et me poser dans mon lit. Mais j’avais la banane en même temps car Sylvia était radieuse et heureuse. Le lendemain, je me suis reposé à l’appartement. Dans l’après midi, ma conjointe a été marcher avec ses amis pendant que j’ai fait la sieste. Le soir nous avons passé une soirée en amoureux devant la télé.

Le lundi matin au réveil, j’ai eu un peu plus de mal que d’habitude. Courbaturé de l’avant veille, je marchais un peu en canard.

Je n’aurais pas pensé que de la peinture pouvait causer des hématomes ou des courbatures musculaires… Ma secrétaire qui est aussi une amie d’enfance, me connaît par cœur. Aussi elle n’a pas pu se retenir de me faire une réflexion. Elle a bien vu que je ne présentais pas mon dynamisme habituel mais une fatigue surprenante. Avec un air un peu moqueur elle me demande alors :

  • Alors qu’est ce que t’as fait ?
  • J’ai vieilli. Je réponds d’un ton las.

L.N.

Fin juin. Collège Serge Gainsbourg.

Dans la cour, des groupes déambulent, colorés et bavards, se forment, se déforment au gré des mouvements. De loin, rien d’inhabituel mais à y regarder de plus près, ces élèves semblent bien trop âgés pour être au collège et même au lycée. S’agit-il d’une réunion de parents en plein air ? D’une fête des professeurs pour la fin d’une année si éprouvante ?

Ils ont pourtant tous un point commun, hommes et femmes. Ils sont nés en 1980 et se retrouvent dans l’établissement où ils ont partagé moments de fous rire ou de tristesse.

Echanges d’anecdotes, retrouvailles, quelques éclats de rire et aussi quelques larmes pour les plus émotifs qui tombent dans les bras l’un de l’autre.

40 ans après, qu’ont-ils vécu ? Parcours professionnels, mariages, divorces, enfants…

Tout ce flot d’événements grands et petits les submergent. Est-ce Karine qui a divorcé ou bien Bénédicte ? Paul qui est DRH ou dentiste ?

Pierre s’écarte, abruti par le déferlement et se trouve en face de son copain Alexandre, qu’il n’a pas non plus revu depuis plusieurs années. Ils font quelques pas en silence et Pierre interroge : Alors, qu’est-ce que t’as fait ? J’ai vieilli répond Alexandre.

D.Dou

– Eh ! Salut. Tu ne me reconnais pas ?

– Euh ! Non ; excuse- moi mais je ne vois pas où nous avons pu nous rencontrer.

– Mais si, au lycée d’Excideuil où nous avons été internes de la 6ème à la terminale. Rappelle – toi, nous sommes rentrées le même jour et nous avons partagé les mêmes dortoirs en 6ème et terminale au dortoir du 2ème étage.

– Effectivement, je me souviens des différents dortoirs que nous occupions selon l’âge et la classe. Tu me parles du dortoir du 2ème étage où je vois que les 50 lits alignés ne nous laissaient pas beaucoup d’intimité. Maintenant en te regardant il me semble que tu occupais la rangée en face de la mienne. Par contre, nous n’étions pas dans la même classe.

– Oui, car moi je faisais latin et toi tu étais dans ce qu’on appelait alors en classe moderne.

– Qu’es-tu devenue après la Terminale ?

– Je suis devenue prof d’histoire et j’ai exercé dans notre lycée. Je me suis mariée et de fait je n’ai jamais quitté la région jusqu’à aujourd’hui où je vis une retraite tranquille entre nos enfants et petits -enfants. Et toi qu’as-tu fait après le BAC ?

– Différents petits boulots qui m’ont amenée à quitter la région et faire plusieurs expériences plus ou moins réussies. Aujourd’hui je suis revenue au pays, retraitée

– Et en retraite qu’as-tu fait ?

– J’ai vieilli

HL

Tout simplement…..

Il existe de nombreux sites sur internet qui permettent à des amis qui se sont perdu de vue de pouvoir se retrouver. Avec plus de 15 millions de membres « Copains d’avant » est le plus réputé et, grâce à la diffusion de photos de classe il a remis en contact des anciens copains d’école. La plupart du temps certains arrivent à créer un groupe et organisent un repas de retrouvailles afin d’échanger leurs souvenirs communs mais aussi à découvrir ce qu’ils sont devenus. C’est ainsi que Vanessa et Géraldine se sont retrouvées après 48 ans, elles qui jadis étaient inséparables au lycée. Après avoir longuement discuté de leurs vies respectives, la conversation vint tout naturellement sur leur principale préoccupation de l’époque, normale pour des jeunes filles de 16 ans mais guère d’actualité à ce jour pourtant semble-til toujours au cœur des problèmes de Vanessa qui s’épancha sans retenue : « J’ai tout essayé pour rester jeune mais le résultat n’est pas formidable, les rides se forment, les muscles se déforment, la peau se fripe comme un lézard sans parler des poches sous les yeux. -Moi, vois-tu rétorqua Géraldine, un jour j’ai trouvé la solution miracle, la seule, la vraie pour régler le problème » –

-Ah bon ? Alors, qu’est-ce que t’as fait ?

– J’ai vieilli

S.M

3.Elle avait arpenté tout l’univers aucun continent ne lui était inconnu ,son statut d’héritière richissime lui avait tout permis :les casinos les amants jetés comme des mouchoirs ,les produits illicites ,le botox…

Maintenant ,elle s’était retirée dans une crique bretonne ,elle regardait le va et vient lancinant des vagues…

Interloqué ,,il lui demande :

« Alors ,qu’est-ce que tu as fait, »

-J’ai vieilli.

BH

Il était là dans la file d’attente parmi les milliers de fans qui avaient fait le déplacement pour le premier match de la coupe du monde de football au Qatar. Je l’ai tout de suite reconnu , ça faisait pourtant près d’un demi siècle qu’on ne s’était pas revus.

J’allai immédiatement vers lui et me fit reconnaître : il y mit un certain temps et même une certaine mauvaise volonté me sembla-t-il. Mais il finit par consentir à bien vouloir se rappeler que nous avions été condisciples dans le même lycée vieillot d’une petite ville de province dans les années soixante .

Pour renouer reprendre le fil de cette relation ancienne surgie inopinément des brumes du passé il fallait bien meubler cette béance de lus de cinquante ans. J’entamai donc la conversation lui racontant les étapes essentielle de ma vie espérant la réciproque de sa part . Il n’avait visiblement pas l’intention de s’épancher et je dus le presser de questions pour en savoir un peu plus sur lui. Les réponses laconiques que j’obtins me brossèrent le tableau d’un vie des plus ternes . Non, il n’avait pas poursuivi ses études après un bac obtenu de justesse : il s’était trop ennuyé à l’école, ça ne l’avait pas intéressé . Se marier ? Avoir des enfants ? Ah ça, non ! Sûrement pas ! L’amour c’est l’infini mis à la portée des caniches disait toujours mon père et la citation célèbre du Voyage au bout de la nuit me rappela alors qu’il se disait au lycée que son père avait pour maîtresse avant-guerre une émigrée russe qui avait ouvert une école de danse classique où venait parfois l’écrivain Céline amateur des corps souples et musclés des jeunes danseuses il se disait que c’était là qu’il avait rencontré Lucette Almanzor. Quant aux enfants non il n’avait jamais envisagé de se reproduire rajouter deux ou trois lardons aux milliards d’abrutis qui infestent déjà la surface de notre malheureuse planète à quoi bon ? Le foot ? Non ça ne l’intéressait pas mais ses collègues de bureau lui avaient offert ce séjour au Qatar pour le Mundial en guise de cadeau de retraite croyant lui faire plaisir. Alors il s’était dit que passer quelques semaines à regarder 22 imbéciles multimillionnaires se disputer un ballon sur une pelouse artificielle sous le regard passionné de millions de crétins décervelés et excités le distrairait du profond ennui et de la vacuité de son existence. Non parce que la vie y a rien à en attendre hein, une parenthèse entre deux néants , nada mas, toi qui as fait des études tu te souviens bien sûr de ce que dit Pozzo dans En attendant Godot : « un jour nous sommes nés, un jour nous mourrons, le même jour, le même instant, ça ne vous suffit pas ? Elles accouchent à cheval sur une tombe, le jour brille un instant puis c’est la nuit à nouveau. »

-Alors qu’est-ce que t’as fait ?

– J’ai vieilli.

F.V

choix 2 « Comme elle était lourde, ils la portaient alternativement. »

C’est l’histoire de deux petits escargots écervelés qui partaient visiter l’Alaska, quelle idée ! Emportant toutes leurs affaires bien pliées, bien rangées dans une grosse valise en peau de caïman. Comme elle était lourde, ils la portaient alternativement

S.R

Histoire de saison

C’était un clair matin d’automne ; l’air était vif, juste ce qu’il fallait pour que la joie des frères Limbert à l’idée de la première partie de chasse soit à son comble. Ils en oubliaient de se disputer, c’est dire!A onze heurs le temps a commencé à leur paraître long et leurs pieds s’ engourdissaient malgré les bottes calfeutrées. Il était temps d’entamer la seconde bouteille.

C’est alors qu’ils entendirent un craquement de branches en contrebas et surprirent un mouvent brun, furtif. Ils tirèrent en même temps. On n’entendit qu’un seul coup, puis un grand cri.

Ils se précipitèrent dans la combe. Ils virent d’abord un beau panier de cèpes éparpillés puis une jambe sanguinolente. Elle était à la Marthe de Montabou . Elle n’était pas morte, avait juste tourné de l’œil. Ils avaient la même peur, la même envie de fuir, la même colère. Ils versèrent un peu de gnôle sur la jambe, la pansèrent comme ils pouvaient avec leur chemise, tentèrent une sorte de garrot avant de la remonter en silence jusqu’à la route . S’il avaient été d’humeur, Raoul aurait pu dire que c’était leur plus grosse prise, mais ce n’était pas le moment. Comme elle était lourde ils la portaient alternativement.

DDor

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