Lu en mai 2022 : Irlande : Best love Rosie (2008), Nuala O’Faolain (1940-2008)

Best love Rosie (2008), Nuala O’Faolain (1940-2008)

Journaliste réputée à la BBC puis à l’Irish Times, elle écrit, au lieu de la préface que lui réclame son éditeur pour la parution de ses chroniques, un manuscrit autobiographique.

Parus en 1996 sous le titre « On s’est déjà vu quelque part », ces « mémoires accidentels d’une femme de Dublin » racontent avec une admirable sincérité l’effort désespéré d’une « Irlandaise type » pour se libérer du carcan de l’Irlande des années 60, sa tentative résolue d’échapper à ce « moule dans lequel on aurait versé le contenu de deux cruches appelées Hérédité et Milieu ». Le témoignage rencontre un succès étourdissant. Dès lors, l’écriture autobiographique devient la compagne salutaire de cette féministe qui s’ignore et que son combat a opposée aux résistances patriarcales d’un pays figé dans ses traditions catholiques avant de la décider de s’enfuir à Londres, puis à New York.

« Chimères », « J’y suis presque », ou « L’Histoire de Chicago May », – Prix Femina étranger 2006 – les trois romans qui naissent de cette nécessité d’écrire retracent, en mêlant autobiographie et fiction, la même volonté d’affranchissement d’une femme et les tributs existentiels qu’il exige.

Après avoir vécu et travaillé dans le monde entier, Rosie décide de rentrer à Dublin pour s’occuper de la vieille tante, sœur de sa mère, qui l’a élevée. La cohabitation avec Min, dépressive et alcoolique, n’a rien d’exaltant. Afin de combattre l’ennui, l’idée vient à Rosie de s’occuper utilement en rédigeant un manuel pour les plus de cinquante ans. Un éditeur américain accepte de la publier grâce à l’aide de son ami Markey qui travaille dans l’édition.

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Lu en mai 2022 : Irlande : Edna O’Brien, Fille de la campagne

Edna O’Brien, Fille de la campagne

Edna O’Brien est une écrivaine irlandaise contemporaine majeure, née en 1930. Elle nous livre en 2012 les mémoires d’une vie tumultueuse, dans Fille de la campagne.

Le titre nous interpelle car il insiste sur les origines d’une femme qui a connu une longue vie mondaine, montrant ainsi le poids de son enfance. Il est un écho à son premier roman , paru en 1960, Filles de la Campagne qui avait fait scandale à l’époque.

Chaque chapitre de ces mémoire constitue une entité autonome et correspond à une étape de sa vie.

Tout débute dans une grande maison familiale de Drewsboro où elle est très seule : sa mère qui a honte de sa laideur ne veut pas la montrer . Leur relation est très intense faite d’admiration puis rejet de la part d’Edna. Petit à petit le père dilapide la fortune familiale. Edna trouve refuge dans les livres et éprouve très tôt le désir et la pratique de l’écriture.

Viennent ensuite les années d’étude au couvent dans les odeurs d’encens, de cire et de chou, dans un cadre très coercitif où elle perd la foi . Elle y éprouve cependant les premiers émois sensuels auprès d’une sœur qui disparaît avant que n’éclate le scandale, et d’un « hobo » avec qui elle perd sa virginité. Elle s’acharne à l’étude, soutenue par de désir de liberté et d’indépendance et obtient en 1950 un diplôme de pharmacie.

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Lu en mai 2021 : Irlande: Ce genre de petites choses (2020), Claire Keegan

Ce genre de petites choses (2020), Claire Keegan

L’autrice irlandaise est née en 1968 et a écrit deux recueils de nouvelles L’Antarctique en 2010 et A travers les champs bleus en 2012 ainsi qu’un récit intitulé Les trois lumières en 2011.

L’œuvre Ce genre de petites choses trace le portrait d’un héros ordinaire : un marchand de charbon qui dans les années 1980 va se heurter à la cruauté de la société irlandaise de l’époque. Le thème de la maltraitance des filles-mères dans les couvents est au cœur de l’intrigue. Ces jeunes femmes sans ressources et exploitées par les religieuses, se voient également enlever leurs bébés. L’oppression de la religion catholique est donc systématiquement présente. Bill Furlong dont l’histoire de ces filles fait directement écho à sa propre histoire familiale, va tout faire pour sauver l’une d’entre elles envers et contre tous.

Le style de l’auteur est limpide, claire et cristallin selon notre lectrice. Pars sa fluidité, le roman est agréable à lire.

A lire pour le 28 mai 2022 : Irlande

Thématique : L’Irlande

  • Ce genre de petites choses, Claire Keegan
  • Rien d’autre sur terre, Conor O’Callaghan
  • Les lanceurs de feu, Jan Carson
  • Fille de la campagne, Edna O’Brien
  • Saints et pêcheurs, Edna O’Brien
  • Best love Rosie, Nuala O’Faolain

Lu en avril 2022 Coup de coeur: Arte (2015), Kei Ohkubo

Arte (2015), Kei Ohkubo

La mangaka Kei Ohkubo, signe avec Arte sa première série de manga débuté en 2011 au Japon. Dans cette série, elle est à la fois scénariste mais aussi illustratrice.

Arte relève du genre de mangas appelé Seinen. Ce genre s’adresse essentiellement à un public masculin adulte. Mais de quoi parle Arte ?

L’intrigue se passe à Florence en Italie, en plein XVIe siècle durant la période Renaissance. On y suit le parcours d’une jeune femme nommée Arte issue de l’aristocratie qui envers et contre tous veut devenir une artiste peintre. Elle ne veut pas du destin de fidèle épouse que sa famille lui réserve. Elle a un don pour le dessin et la peinture et à la mort de son père (le seul qui croyait en elle), Arte quitte sa famille et décide de reprendre sa vie en main et de vivre de sa passion.

Or à l’époque, le métier est essentiellement destiné aux hommes et non à la gent féminine. Malgré de nombreux ateliers d’art pour former de futures artistes, Arte peine à se faire engager jusqu’à ce qu’elle rencontre Léo qui va devenir son maître d’apprentissage. Plutôt froid mais toujours juste dans ses réflexions, Léo va devenir peu à peu le protecteur d’Arte. On va suivre l’héroïne sur plusieurs années de Florence à Venise où peu à peu elle va décrocher de grosses commandes auprès de personnes influentes tels que courtisanes et mécènes. Nous verrons également Arte changer aussi bien physiquement que mentalement.

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Lu en avril 2022 coup de cœur : Se le dire enfin (2020), Agnès Ledig

Se le dire enfin (2020), Agnès Ledig

Après avoir conquis son public dès son premier roman nommé Marie d’en haut, en 2011, Agnès Ledig signe avec Se le dire enfin un retour à la nature pure.

On y relate l’histoire de notre protagoniste principal nommé Edouard, qui sur le chemin du retour de ses vacances en Bretagne avec sa femme, décide d’aider et de suivre une mystérieuse écrivaine. Celle-ci va alors l’entrainer dans une folle aventure dans un petit village au nom si attendrissant Doux chemin situé au plus près de l’énigmatique forêt de Brocéliande. Au gré de rencontres avec de fabuleux personnages, ce livre va inciter notre personnage à s’interroger sur son existence et aux choix qu’il a effectué jusqu’à présent. De nombreux thèmes sont abordés : l’amour, la différence ou encore l’égalité entre les femmes et les hommes.

L’écriture est simple, douce et poétique et se lit « Comme un bonbon anglais ! » selon notre lectrice.

Un roman qui fait du bien et qui rejoint sans hésitation, le genre du roman feel-good.

Lu en Avril 2022 coup de cœur : Connemara (2022), Nicolas Mathieu

Connemara (2022), Nicolas Mathieu

Ce roman est sorti ce mois de février et a rapidement rencontré le succès. L’action se déroule en 2017 et se conclut à la veille du deuxième tour des élections présidentielles.

Ses protagonistes sont Hélène et Christophe, la quarantaine, issus du même village de Lorraine, Cornecourt et du même milieu populaire mais qui ont eu des parcours très différents. Ils se sont connus au lycée.

Hélène est une élève brillante, passionnée de lecture qui découvre la vie de la bourgeoisie aisée par son amie Charlotte. Celle-ci a eu une liaison avec Christophe qui est beau garçon et qui doit sa réputation à son excellence dans l’équipe de Hockey sur glace. Leurs histoires se séparent.

Hélène a fait une prépa puis une grande école de commerce parisienne après laquelle elle n’a pas eu de mal à trouver un emploi dans lequel elle s’est investie jusqu’au burn-out.

C’est pour un recommencement qu’elle repart à Epinal avec sa famille. Elle retrouve facilement du travail dans une entreprise de consulting qui accompagne les administrations et les communautés locales dans leur restructuration. L’étude du fonctionnement de ces entreprises, où dominent le cynisme, les rivalités personnelles, les enjeux de pouvoir, et dont les seuls objectifs sont financiers est particulièrement bien étudié. Hélène y excelle et compte obtenir le statut d’associée. Et malgré tout, sa crise existentielle persiste, au travail comme à la maison.

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Lu en Avril 2022 coup de cœur : Les cendres d’Angela (2000), Frank Mccourt

Les cendres d’Angela (2000), Frank Mc Court

Frank Mc Court est un écrivain américain né en 1930 et mort en 2009. Il est né à New York mais la crise des années 30 pousse sa famille à repartir sur ses terres d’origine l’Irlande pour une vie de misère. Il s’installe en terre catholique à Limerick, d’où est issue la mère, Angela, alors que le père vient du nord, ce qui ne simplifie pas la vie. A 19 ans, Frank Mac Court revient aux Etats-Unis pour faire ses études. Il sera instituteur et commencera à écrire.

Les cendre d’Angela est un récit autobiographique poignant où l’auteur décrit cette enfance misérable sans amertume :

« Quand je revois mon enfance, le seul fait d’avoir survécu m’étonne. Ce fut, bien sûr, une enfance misérable : l’enfance heureuse vaut rarement qu’on s’y arrête. Pire que l’enfance misérable ordinaire est l’enfance misérable en Irlande. Et pire encore est l’enfance misérable en Irlande catholique. »

Le père est charmeur mais inconséquent, et lorsqu’il travaille, il boit sa paye dans les pubs. La mère est réduite à la mendicité. Frank veille sur ses petits frères et fait les 400 coups avec les autres enfants dans la rue. Il lutte pour survivre et dès qu’il en est capable travaille pour subvenir aux besoins de la famille. Il observe le terrible monde des adultes et cet univers catholique empreint de superstition. Il n’en perd pas l’amour profond qu’il voue à son père autant qu’à sa mère…

Ce livre a profondément ému et marqué la lectrice qui nous l’a présenté.

Lu en Avril 2022 coup de cœur : Légendes d’automne (1997), Jim Harrison

Légendes d’automne (1997), Jim Harrison

Il s’agit de trois grosses nouvelles composées par le grand écrivain américain (1937, 2016) auquel François Busnel vient de consacrer en mars dernier, un film documentaire appelé Seul la terre est éternelle.

Ces trois nouvelles ont comme point commun la vengeance. Elles ont pour cadre le Michigan, terre d’origine et d’élection de l’auteur. Elles sont écrites dans une langue simple, forte qui contribue à la puissance des récits.

Une vengeance est un terrain d’amour et de vengeance : Deux hommes se disputent une femme. Elle est l’épouse d’un magnat de la drogue et son amant, laissé pour mort va tout faire pour la reconquérir et se venger.

l’homme qui abandonna don nom est le récit rétrospectif d’un individu passé de la réussite à la solitude où il doit reconstruire sa vie.

Légende d’Automne qui donne son titre au recueil est la nouvelle préférée du lecteur. Trois frères, originaires du Montana, s’engagent en 1915 dans la première guerre mondiale aux côtés des canadiens. Le cadet est tué. Le second est le personnage principal, Tristan Ludlow, qui quittera sa terre, le Montana pour une vie d’errance, celle d’un aventurier qui se moque de la mort. Cette nouvelle est en même temps une grande ode à la nature sauvage qui absorbe le lecteur.